lundi 16 juin 2014

Retour sur interviews et découvertes à St-Apo

Dans la belle lumière du soir à Combier, ce lieu riche de la mémoire d'Alfred Juston, retour par François sur un passé de  simple courage et d'honnêteté, avec Pablo Garcia et Delphine Forestier, la traqueuse d'objets...

Où ressort l'objet déposé en 2006 lorsque le "spectacle"  "Résistances" fouaillait la mémoire d'époques diverses. S'y ajoutent ces modestes vestiges de la pharmacie Etienne. Beaux et pauvres témoins de l'avant du départ en camps ou de ses conséquences,  et échos  de la mort de M.Etienne en ce Bergen-Belsen minutieusement mesuré par un père qui voulait pouvoir imaginer les derniers mois de vie son fils... Et du drame du retour de Mme Etienne, en habits rayés écrasés par le poids de l'indicible... Comme si dans ces situations extrêmes il y avait pu y avoir du dicible.






Retour ensuite de Delphine, farouche gardienne du rigoureux protocole de collecte scientifique et de Pablo aspirant tout ce qui pouvait faire cartographie camouflante...

Poids d'une émotion  qu'émoussera le lendemain le poids de la surdité de Marcel Bélingard.  Un long monologue mémoriel entrecoupé de réponses à questions écrites. Souvenirs de détails et d'amis et de l'audace de ces 20 ans dans la tourmente... Mémoire intacte, douleurs de la perte d'êtres chers... Etapes d'une notabilité aux base improbables...  Et toujours le lyrisme et l'écrit ... Et Colette...




Du Fraysse au Vernat, Robert Combe, puis sa mère et sa soeur ;  l'honnêteté, la droiture et la fidélité  à ces valeurs familiales portées par les générations successives.  La  conservation de ces objets auxquels  celle de la mémoire donne sens - et réciproquement, comme  ce  "chant des partisans"  du  8 mai  dont  la vidéo  de Delphine montre que chez plus d'un ou d'une, il a fait monter aux yeux des larmes d'émotion.. 
Léa  Combe qui connut son mari dans la résistance, symbole de ces femmes qui, dans l'histoire, ont transmis les valeurs et risqué  leur vie pour les défendre et transmettre...





Une réalisation de Delphine Forestier

Geneviève Greco, Paulette Vignal et la faim, Jacqueline Cimaz, grand-père et grand-mère (suffragette) - FFI - père FTP,  et l'exode,  puis 20 ans après,  l'Espagne franquiste et le catalan  interdit,  Jordi  Casals, le père prisonnier politique en Espagne, où la guerre et la répression qui avaient commencé bien  avant, ont continué après, et l'amitié avec Ferré...  Marcel  Gounon, mémoire intacte du ravitaillement,  Marcou et Yvette Bouix, témoins discrets des caches des résistants, Michel  Cimaz  3ème-enfant-pour-éviter-le-STO, lieu inconnu de naissance, entre Portes et maquis,  Roger Martinez,  père espagnol. Maria Baqué, langue maternelle  à 7 ans interdite. Parler espagnol comme tout le monde.Maria qui a 7 ans  a vécu les camps de Rivesaltes à Gurs, et témoigne pour que les jeunes sachent,  Maria    Cachard, la normalienne de Leida qui a créé l''école au camp
de  Chomérac,  Roger Masse, dont les parents ont caché un jeune juif,  M.Anthérion qui, à Dunière, hameau de Saint-jean-Chambre-  montre le grenier où se cachaient  les résistants,   M. de Saint-Jean qui,  grâce aux 
renseignements concernant les recherches sur Interne en  retrouve un ami belge, sans oublier Lynes Avezard, à revoir... et le beau CD remis par Lény Stora...



                                      

                                     

                                     

                                     

Cartographie en cours de Pablo Garcia
Si d'autres peuvent témoigner pour évoquer ces clandestinités ou en dire ce que leur ont transmis leurs parents et montrer photos, faux papiers ou objets d'époque... Nous devrions pouvoir rencontrer  Renée Nicolas et Jean, en juillet, puis, Michel et Claire Schlenker en aôut... D'autres formes de clandestinités peuvent aussi être évoquées...Comme celles, étranges, présentes, énigmatiques, mutantes et prégnantes d'une très très vieille Ardèche aux montagnes parcourues par  ces hommes qui du Jura Souabe à Altamira ou
plus tard,  Compostelle, les parcouraient emmagasinant au passage la ligne de flanc d'un très noir Mézenc pour en faire dos de rhinocéros ?

Détournement de belles pages et fortes pages de Didier Tallagrand...
Et accompagner les visiteurs tout au long de l'été.  Toujours les mêmes questions, abordées par un autre versant et creusées sous un angle différent...  Une oeuvre qui fera date, courtcircuitant l'aujourd'hui et les temps de Chauvet... Inabordables clandestinités ou secrets à distiller que le numérique rend un tout petit moins inaccessibles...

Merci à Tallagrand pour cette oeuvre, et merci à Jean Nicolas pour les questions taraudées...

                                                                                                                                     J.Cimaz